La Ménara


 


La Menara, encore l'un des symboles de Marrakech, comprenant une oliveraie centenaire magnifique. Endroit majestueux, calme... Aménagée sous la dynastie des Almohades, la Ménara est un vaste jardin planté d'oliviers à environ 30 min à pied de la place Jamaa El Fna (centre de Marrakech). Au cœur de ce jardin, un grand bassin au pied d'un pavillon sert de réservoir d'eau pour irriguer les cultures. Le grand bassin central fut creusé au XIIème siècle par les Almohades. Il était destiné à stocker l’eau en provenance des montagnes proches (drainée grâce au système des « khettaras creusés selon une technique initiée par les Almoravides dès le XIe siècle et adoptée par les Almohades, qui enrichirent le réseau de canalisations superficielles »), mais servait aussi de « piscine » selon Ibn Sahib Assalate, est attribuée à Hajj ibn Yaïch, savant et législateur de l’empire almohade. Outre ses fonctions utilitaires et d’agrément, ce bassin servait à entraîner les soldats almohades à la natation, en préparation de la traversée de la Méditerranée vers l’Andalousie. C'est un endroit très paisible, à l'écart du tumulte de la ville. C'est donc un lieu privilégié pour les promenades. Jardin de la Ménara compte parmi les plus anciens jardins de l’Occident musulman. Les auteurs anciens attribuent son premier aménagement au sultan almohade ‘Abd al-Mu’min ibn ‘Alî ( 1130-1163). Selon al-Baydhaq, le fondateur de la dynastie des Almohades, en rentrant de Salé en 1157, fit planter à Marrakech la bouhaïra, un immense verger clos pourvu d’un grand bassin pour le stockage de grandes quantités d’eau destinées à l’irrigation des fruitiers et des légumes se trouvant au sein de l’enclos. L’auteur d’al-Istibsar signale que ‘Abd al-Mu’min fit planter à l’ouest de la ville dans la direction du Neffis un jardin qui devait se trouver à proximité du palais dont la porte fait à peu près face au bassin de la Ménara, qui pourrait correspondre à ce bassin intérieur du jardin du calife.
Le Pavillon:
Élégant pavillon aux tuiles vertes se reflétant dans l’eau d’un immense bassin, avec en arrière-plan, les montagnes de l’Atlas, la Ménara est l’une des images symboles de Marrakech. Le sultan alaouite Sidi Muhammad ibn ‘Abdallâh y fit construire un pavillon doté d’un belvédère qui servait de lieu de promenades et de repos. Le bâtiment et son petit jardin sont ceinturés d’un haut mur en pisé. Ses épais murs de pierre ont des chaînages d’angles faits de fausses briques. Il est couvert du classique toit pyramidal de tuiles vertes. L’édifice se compose de deux niveaux. Un rez-de-chaussée à usage domestique est occupé par quatre piliers massifs et précédé d’un avant-corps de trois arcades donnant sur le bassin ; on accède au niveau supérieur par un escalier étroit et raide. L’étage est doté au nord d’un grand balcon à balustrades reposant sur l’avant-corps et dominé par un arc aveugle percé d’une porte basse. La clé de l’arc est faite d’un motif de pierre coiffé d’un bandeau portant une inscription où l’on peut lire une citation célèbre en l’honneur du prophète Muhammad et la date de 1286 de l’Hégire (1869-70).
La Ménara présente un type classique de jardin impérial marocain dont on connaît des exemples similaires comme les jardins de l'Agdal, dotés d'un bassin et d'un pavillon de même style. Le jardin de Sahrij Souani, aménagé sous le règne de Mawlây Ismâ'îl (r.1672 1727), ressemble à la Ménara par son bassin intra-muros qui servait de réservoir d'eau. Cependant, il est très difficile de les comparer avec les célèbres bassins aghlabides de Kairouan qui ne se rapprochent ni par leurs plans circulaires ni par leurs techniques d'aménagement et deconstruction. Il faut peut-être chercher leur source d'inspiration dans les grands ouvrages hydrauliques réalisés à Grenade et Cordoue.

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